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(Ce qui est exactement le concept inverse, voire opposé, voire sans aucun rapport avec l'émission présentée par la petite chaîne qui monte qui monte, mais comme le dit si bien Mry dans les choses qu'il a vues, il faut donner des titres pertinents à ses notes,  et citer ses sources en lien vers des blogs influents, sans quoi le top du classement Wikio des blogueurs influents ne sera qu'un lointain souvenir.)

En fait, hier, j'ai moi aussi maintenu les relations cordiales entre la France et L'Allemagne, un peu comme Nicolas et Angela, à la différence que j'ai réussi à faire la bise aux petits teutons, moi, et sans me faire repousser.

J'ai donc hérité un enfant.

Qui n'est pas le mien, comme le veut le cours naturel de la vie.

Mais un enfant tout de même.

Avec un tout petit détail auquel près qu'il n'est pas vraiment du coin.

Qu'il a dû passer une frontière, puis toute la France pour venir se présenter à moi.

Qu'il a dû se taper tout ce périple en bus.

Autant dire qu'il n'était pas forcément de première fraîcheur à son arrivée.

Mais il faisait certainement partie des lots les plus fringuants.

Mais, revenons à nos teutons.

L'an dernier, mon aîné, alors qu'il était encore malléable et corvéable à souhait, que l'acné n'était pas monté au front et que ses cordes vocales n'étaient pas encore effrayantes, a fait un long voyage initiatique.

Deux mois au cours desquels il a rencontré l'Allemagne et sa peuplade gutturale, sportive et...Réglementée. Une expérience qui n'a pas été sans ses travers quotidiens que sont entre autres tracasseries le mode et le niveau de vie, l'alimentation et le rythme scolaire très enviable.

Mais mon enfant m'a été rendu en pleine forme, entier et grandi. Quant à son allemand, il était passé du statut d'apprenti à celui d'ouvrier confirmé.

C'est donc à présent à mon tour de recueillir un petit poussin de l'Est.

Me voilà à quelques minutes de la révélation, assise devant le collège, avec deux de mes gaillards, fondus dans la masse adolescente qui devait elle aussi accueillir le reste du convoi, et quelques autres qui squattent les lieux, désoeuvrés, la canette de Panach' dans une main, la cigarette planquée dans la paume de l'autre, le portable allumé et braillant de la TCK, en accord avec le vocabulaire urbain du moment.

Je n'ai même pas besoin de tenter de me faire discrète, je suis aussi grande que la plus jeune des merdeuses et en plus, j'ai des Converse.
Ainsi, derrière mes lunettes, je les ai écoutés et j'ai appris "Comment comprendre les ados", en une heure de temps.

Morceaux choisis, en respectant l'anonymat des protagonistes.

"Tiens, salut, je te voyais pas derrière ton vélo, il a grandi plus vite que toi?
-Mais t'es pas venu en skat?
-On dit skate.
-Ah non, on dit skat, c'est le prof de physique qui nous l'a dit.
-Ce tâchon?
-Tu m'en file un gloups de ton Ice Tea, c'est pour avaler mon Doliprane.
-Et la clope, on la fume maintenant?
-T'es folle, y a ta mère en face.
-Mais laisse tomber, d'ici, elle capte rien, allez allume-la.Fais pas ta salope.
-Tain Jéjé, t'as trop de la gatte avec ta corres', elle est top tankée.
-Elles ont besoin de hurler pour se parler les poulardes?
-Elles ont les oreillettes de leurs portables, c'est pour ça.
-En même temps, elles sont littéralement collées les unes aux autres, fait pourtant pas froid.
-Oui, mais vu la superficie de couverture de leurs fringues, je peux comprendre qu'elles aient un peu frais.
-ON S'ARRACHE MA CHERIE, ON VA S'ACHETER A GRAILLER EN HAUT?
-OUAIS, MAIS SI Y A ICHAN, J'Y VAIS PAS, TROP LA HONTE LA DERNIERE FOIS.
-MAIS TU T'EN CAGUES DE CE BATARD.
-OUAIS MAIS T'AS PAS ETE DISCRETE L'AUTRE JOUR.
-Ah parce que tu l'es là?
-Ta gueule le nabot.
-Mais il manque pas un pote à toi là?
-Si, il est absent depuis vendredi.
-Il a fait le pont?
-Oué, sur le trône.
-Oué, c'est vrai il a la chiasse.
-Il a la chiasse?
-Oué.
-En tous cas, je le préférais avec les cheveux courts, il était plus mignon.
-Bé toi, il te trouve immonde, même depuis qu'il a les cheveux longs.
-Tain, cramée là.
-Laisse faire, ce petit merdeux s'est jamais tapé autre chose que sa main.
-Mais vous vous causez toujours aussi librement?
-Oué.
-C'est bien la première fois que j'entends qu'un de tes potes a la chiasse et que tout le collège en parle sans vergogne, c'est tout de même curieux, sociologiquement.
-Bon, qu'est-ce qu'ils foutent?
-En tous cas, vivement qu'ils arrivent, j'ai trop soif.
-Ahhhh, les voilà.
-Tiens, y a même des chiens à l'arrière du bus.
-Mais non, c'est des filles.
-Oué, des canuches.
-Penses-tu, le canuche est une nouvelle espèce en voie d'apparition, un croisement entre le caniche et la nunuche.
-Mort de rire.
-Bon, elle est où ta corres?
-Tain elle m'a vue, ayé, elle vient vers moi, putain la honte.
-Trop dégoûtée, la mienne a trop changé, elle est farcie de boutons et t'as vu le cul qu'elle a pris?
-Ben le foot demain aprèm, c'est mort, laisse tomber, chuis trop dégoûtée.
-T'as vu ses lunettes, tain ma mère, cette tâche, elle veut pas me les acheter, elle dit que deux cents Euros, c'est trop cher, la honte.
-Bon allez, on suit le troupeau de blonds et on va boire un coup, après, on va faire quatre courses et on rentre.

Toute le melting pot s'engouffre bruyamment vers la salle de réunion, dans un joyeux yaourt sonore.
Le proviseur entame son discours d'accueil et de bienvenue, entrecoupé de interprétation de la collègue de l'enseignante d'allemand de mes enfants. La spontanéité est à l'image des gros blancs qui suivent les dires de l'un, les traductions des autres, et la fatigue des mômes qui viennent de se taper environs une demi-journée de bus, si j'en crois les arrières des crânes ébouriffés qui me font face.
Vient la remise des cadeaux d'usage, auxquels le proviseur ne prête qu'une attention toute relative, dans la mesure où il ne remarque pas qu'elle n'est pas en train de traduire, mais bel et bien de s'adresser  à lui, les mains tendues et chargées de présents emballés.

"Tain, comment elle a pris un vent là la prof, je suis morte de rire.
-T'as vu, devant nous, on a un sumo, un seul de ses mollets fait la taille de mon torse.
-Arrêtez madame, elles sont deux fois plus grandes que moi, elles vont me taper.
-Oué, encore que t'as pas vu leurs mains.
-Putain que c'est long, je sais pas où je pourrais mettre mon sac là.
-Je sais pas moi, t'as essayé DTC?
-Ils sont si lourds que ça vos sacs?
-Tiens madame, soulevez le mien, vous comprendrez pourquoi je grandis pas.
-En effet.
-Tu parles, il grandit pas parce qu'il a une petite bite.
-Ta gueule, toi, vas chercher ton corres.
-Ah voilà mon pote.
-Salut, alors, t'as plus la chiasse?
-Oué, ça va mieux oué, alors vous avez fait quoi vendredi et aujourd'hui?
-Comme d'hab, on a tenté de bosser et on s'est fait engueuler par tous les profs.
-Me dis pas que t'es sur les chiottes depuis vendredi?
-Si, enfin presque.
-Et tu t'es pas trop fait chier?
-Ayé Jéjé, c'est à toi."

Je décide alors d'avoir trente-quatre ans à nouveau et de me comporter en mère responsable.
Je m'avance avec mon fils pour accueillir sa correspondante comme il se doit.
Qui a visiblement subi un ravalement de façade express et poussé en moins de dix minutes.
Désormais, elle se prénomme Philip, et possède une magnifique paire de mollets solides mais plutôt proportionnels à sa virilité et à sa voix de Roger en mue.
Un fâcheux contretemps a poussé les organisateurs à échanger les filles et les garçons avec mon garçon.
Dire qu'il était déçu est un euphémisme, à en voir les yeux de sa promise qui tombent par terre alors qu'elle s'éloigne, avec dans sa main, sa nouvelle hôtesse acnéique.
"Tain tu vois, maman, c'est tout le temps le bordel avec moi, y a rien qui va, et ça tombe toujours sur ma gueule.
-Mais non Jérémy, tu n'y es pour rien, en fait, la correspondante habituelle de ta copine de classe s'est désistée et ta copine était très déçue de n'avoir personne. Et comme elle refusait d'avoir un garçon, on lui a donné ta correspondante et on t'a choisi un que tu connais de l'an dernier.
-Oui, je le connais mais je la connaissais mieux elle.
-Mais tu vas la voir tous les jours au collège et vendredi soir à la fête et c'est peut-être mieux qu'elle ne te voit pas au réveil.
-Oh c'est bon maman hein.
-Wilcommen, Philip, ich bin Mélina, und er ist Nicolas.
-Hallo!...Bonjour, madam'!"

J'ai gagné, je laisse retomber la pression et visiblement, mes fils sont satisfaits de ce lot de consolation.
Ce petit est gentil comme tout, mignon à souhait et très sociable. Et en plus, il aime les nouilles et tout le reste.
Nous partons sans nous faire remarquer, puisque mon bonsoir est noyé dans un brouhaha linguistique, les cris d'adieu et les larmes chaudes de ces mômes cuits de fatigue, déracinés, déshydratés et déjà en mal du pays.

"Et en plus, il nous a fait des cadeaux maman, regarde, il nous offre sa saucisse.
-Non, je crois plutôt qu'il s'agit de la saucisse de son pays, faudrait voir à bien lui apprendre le français hein. Das is nicht dir wurst, aber das wurst deines region.
-On va faire un petit jeu maman, tu lui parles en allemand pour réviser tes vieux cours du lycée, et il te répond en français, et moi, je traduis.
-Ok. Euh... Einverstanden. Merci pour les cours que tu traites de vieux, tu t'améliores."

Ce midi, alors que j'attendais mon convoi franco-allemand au bus, et que je révisais mes déclinaisons, j'en étais au datum et l'accusatif me posait toujours autant de problèmes quand la porte s'ouvre, laissant échapper un troupeau mixte.

"Bon, Jéjé, tu traduis ok? Voilà, ma corres et sa corres veulent absolument se voir cet aprèm et moi, je veux pas, j'ai pas envie de me taper cinq bornes en moto pour qu'elle passe sa vie avec sa cops. C'est ma corres et elles, elles se voient toute l'année.
-Oué, enfin, franchement, si j'étais toi, je l'amènerais quand-même, c'est pas loin et tu vois bien qu'elles ont besoin de se voir.
-Putain Jéjé, je t'ai demandé de traduire, pas de donner ton avis, bordel, allez laisse tomber t'es vraiment bidon.
-Franchement, maman, hein, bon, on se casse, sinon,elle prend des baffes.
-Hallo, bonjour madam'
-Hallo Philip, hunger?
-Ya!
-Gut, es ist nudeln.
-Gut!
-Ebé heureusement qu' y a des nouilles, ça me calmera de ces pétasses en furie là.
-Mais y avait pas ton ex-corres dans le lot?
-Si, mais on s'en fout là.
-Pourquoi tu vas pas la chercher et l'amener chez sa cops cet aprèm?
-Avec mon vélo? T'es con ou quoi toi, je la mets où, sur le guidon?
-Bon, on se calme, on ne se dispute pas bien le ventre vide. Prenez des forces, vous pourrez mieux vous insulter ensuite et vous apprendrez plein de mots nouveaux à Philip."

L'entente franco-allemande n'est pas une utopie.
Mercredi 14 mai 2008
publié dans : Zette And The City par Mélina LOUPIA communauté : Racontez-le moi !
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Plus de six ans maintenant que ma maison tient debout et je l'espère va continuer ainsi.

Autant de temps depuis que j'y ai passé quatre couches aux plafonds et trois sur les murs.

La peinture, c'est ma passion. Non pas un art, mais tout de même, l'idée de peindre ou repeindre m'enchante bien plus que celle de tapisser.

Il en va de même, sinon plus lorsqu'il s'agit de le faire sur un support tellement noble, beau et vivant que le bois.

C'est d'ailleurs ce que j'ai fait pour mes volets. Neuf paires au total, que je me suis régalée de mettre en valeur avec une lasure dont j'avais moi-même réalisé la teinte, un beau bleu entre l'azur et le marine. (Ne cherchez pas, c'est très subtil comme nuance...)

Quoi qu'il en soit, et même si le résultat était magnifique, il n'a pas duré bien longtemps, le climat plutôt hostile du sommet de ma colline a eu raison du traitement appliqué et au bout de cinq ans, tout était déjà à refaire.

C'est donc ce que j'ai entrepris de programmer pour cet été. Et avec l'envie de repeindre les volets m'est aussi venue celle de rénover le mobilier intérieur de la chambre des enfants, lui aussi en bois brut. Peint, mais brut.

Une fois décapé et poncé, j'ai bien envie de lui donner de la couleur.

Mais comme nous sommes cinq à vivre dans la maison et que je n'ai pas envie de sortir tous les meubles dans le jardin, j'ai cherché un moyen de me faire plaisir tout en préservant ma santé et l'environnement.

C'est Syntilor qui m'a donné la réponse.

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Mais le grand projet qui me tient à coeur, soufflé par la tendance déco et design du moment, c'est le revêtement des sols.

Je dispose d'une grande pièce dont le sol est en béton brut. Et plutôt que de choisir le classique carrelage, j'ai envie de me lancer dans la peinture sur sol.

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Mercredi 14 mai 2008
publié dans : E-Buzzing par Mélina LOUPIA
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L'autre jour, je ne sais plus qui, lequel doit certainement avoir oublié qu'il me l'a dit à son tour, m'a dit qu'il adorait mon accent qui chante.

Je viens du Sud, et par tous les chemins, j'y reviens.

La seule marque de fabrique le démontrant est sans aucun doute mon accent.

Lequel j'avoue parfois pointer légèrement, en fonction des circonstances ou de mes interlocuteurs, tel un caméléon qui se fond dans la flore tropicale pour ne pas se faire repérer par ses prédateurs directs ou au contraire duper l'instinct de survie de ses proies.

Pourtant, lorsque depuis quelque temps, mon aîné dont les hormones font la surenchère à ma patience, use et abuse des inflexions aux mélodies bien moins peuplées par les cigales que de coutume ou d'origine, j'ai tendance à avoir envie de les lui faire bouffer, les cigales.

"Tiens, Jérémy from Paris.
-Mamooooonnnn....
-Teh tu vois, tain, mais d'où tu sors ton accent là, t'as bouffé du PSG ou quoi?
-Mais j'le support' plus mon accont."

Car oui, le jeu consiste à systématiquement bannir les "ian" pour les muter en "ion".

Donc, selon Saint Jérémy, "Putain, maman, t'es chiante quand-même", devient " Putun mamon, t'es chionte comme même".

Après quelques vérifications maternelles d'usage, à savoir les fréquentations réelles et virtuelles, les arbres généalogiques des relations scolaires et les références cinématographiques et musicales, il apparaît qu'en effet, son entourage proche ne relève pas une seule sommité qu'a un putain d'accent du sud.

Et pour cause.

Quel est le point commun entre Eric Cantona, Michel Galabru, Charlotte Julian et Fernandel?

"Bé facile, té, yzont tous l'accent du Sud."
"T'es con ou t'as des vers? Ils sont tous célèbres."

Effectivement, je le conçois, mais avouons entre nous que ce qui les unit surtout, par delà le mistral, la pétanque et l'apéro, c'est une gueule unique, un physique qui marque et qui fait sauter la barrière de l'accent.

"C'est exactemont ça mamon, on fait, si je parle avec mon accont, on me prond pas au sèrieux."

Il a raison, ce petit con.

"Et sa mère fait pareil alors.
-Merci de ton soutien chéri."
-N'ompêch' que j'ai vach'mont plu d'amis sur MSN ou sur Wow qu'on real lif' mamon.
-Et bien dans ce cas, je ne voudrais pas te priver de ton ascension sociale mon enfant, vas, vas donc te parisianiser avec ou sans ma bénédiction.
-Il reste de la mayonnaise pour les surimis?"

Pourtant, encore pourtant, je reste sur ma faim, pas convaincue de la théorie de cet espèce d'être en pleine mutation qui me mangerait son pot de Nutella sur la tête si son père le planquait pas dans son bureau. Le pot. De Nutella.

C'est donc tapie dans mon bain qu'à l'abri des esgourdes et mirettes indiscrètes, je parfais mon enquête sociologique.

Et contre toute attente, je trouve mes réponses dans World Of Warcraft, mon rival marital.

Afin , je cite, " Que maman puisse faire sa sieste tranquille", mes trois guerriers ont joint la parole au geste, " parce que tu compronds, mamon, quond on fait des combats, on peut pas taper sur le clavier pour chatter avec ceux d'la guild'".
C'est donc dotés d'une armure supplémentaire, en la matière d'un micro, qu'ils se donnent des ordres de guerre...

En parigot, les saligauds.

Et ça hurle en dolby du bureau à la chambre et de la chambre à l'autre bout de la France, pardon la Fronce, que " Si tu t'mettais en tutu, ça srait mieux, mec."

Le tout avec un léger écho provoqué par le port du casque prohibé dans la maison, accentué tout de même par le décalage dû au réseau encombré et le fait que j'entends la voix partir de la gorge de Copilote, répercutée dans les hauts-parleurs du pc de Jérémy, puis renvoyée par la réception de son interlocuteur, qui me fait flipper comme une dauphine qui ne sait pas encore qu'elle ne sera pas Miss France, car il me rappelle la blondinette de Poltergeist coincée dans la télé ( et qu'on a pas revue depuis, elle doit encore y être.) et qui appelle désespérément ses parents à l'aide.

Et j'ai admis mon erreur.
Je suis sortie du bain toute fumante et me suis dirigée vers le bureau.

"Alors les tapettes, on se met en tutu pour faire la guerre?
-Mamon putun, toul' mond' t'as ontondue là.
-C'est ta daronne?
-Ouais...
-Oué putain con, c'est sa mère, ça s'entend pas?
-Bah non, vous avez un drôle d'accont madam'
-Et c'est un minot qui se fout en tutu pour taper sur la gueule d'un monstre qu'existe pas qui me dit ça?
-Mamon, on s'met pas en tutu, mais en fufu, en mode furtif stu préfèr'
-Qui c'est qui cherchait de la mayonnaise ce midi, pour les surimis?'

N'empêche, il a raison mon fils, Ferdandel en tutu qui tente d'assommer un léviathan avec une spatule et l'accent du sud, c'est très peu crédible.

Mardi 13 mai 2008
publié dans : Zette And The City par Mélina LOUPIA communauté : Coup de gueule !
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Enfin, on n'y croyait plus, certains d'ailleurs en ce moment pensent que l'été est passé si vite qu'on est déjà à l'automne, mais je vous le dis, le printemps touche à sa fin et la belle saison est sur le point de nous faire sortir des chaumières!

Oui, mais si on peut plus rentrer dans rien, à quoi bon sortir, me direz-vous?

L'hiver a laissé quelques traces bien visibles chez la plupart d'entre nous, sur les hanches, les fesses ou encore le ventre. Quant à l'aspect de la peau, elle a fait comme celle des oignons, elle s'est épaissie et a besoin de soleil pour se nourrir et être belle.

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Lundi 12 mai 2008
publié dans : E-Buzzing par Mélina LOUPIA
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Tout comme Dalida qui chantait le vouloir sur scène, ou Molière, dont la légende raconte que c'est en jouant Le malade imaginaire que les premières planches qui entendraient son dernier souffle auraient été celles d'un théâtre, (Je ne suis pas historienne, alors les érudits, museau.), je me suis toujours demandé, quelle serait la mélodie jouée lors de ma mort.

Pas celle que le transistor de l'église collé contre le micro diffuserait lorsque mon cercueil fendra le cortège ému et irrésolu.

Non, la musique de l'instant T de ma mort.

Si toutefois il devait y en avoir à ce moment précis où on revoir tout le film à l'envers et très vite ( Je ne suis pas docteur non plus, alors les rationalistes, museau.)

Alors certes, à la maison, la musique fait partie des murs, elle se lève et se couche avec moi. Quand j'y suis. Parfois même j'oublie d'éteindre l'ampli quand je sors pour une durée indéterminée. Et l'on peut croire que le cul vissé sur un siège ne représente pas un danger de mort imminent. (Je ne suis pas statisticienne, alors les matheux, museau.)

Mais tout de même, le seul endroit probable que la musique et la mort soient réunies pour m'accompagner vers ma dernière demeure, c'est bien la voiture.

Cariolette ou Troicencette pour être bien précis. Car à choisir, je souhaite être maîtresse de mon destin et tenir le volant d'une main, l'autre sur le pommeau du levier de vitesse, chemise ouverte, chaîne en or qui brille. ( Je ne suis pas I Am, alors les paroliers, museau.).

Et le hasard m'a fait me confontrer à cette réalité pas plus tard qu'hier après-midi.
Copilote hébergeant actuellement un alien en son sein, un ou une pensionnaire en provenance de Teutonie débarquant mardi qui vient, un ou deux placards et clayettes du frigo vides et de la paperasse à porter à qui de droit en mains propres m'avaient poussée à mettre la clé dans le démarreur de Troicencette à treize heures quarante trois. (Je ne suis pas horlogère, mais j'ai la mémoire des chiffres luminescents, alors les retardataires, museau.)

Réflexe mécanique, la radio s'allume et braille gentiment dès que je démarre. Immédiatement, je balaye l'environnement immédiat à l'aide de mes yeux et des images inversées dans tous les rétroviseurs. Rien.
Je ne risque rien.

C'est au bout de quinze kilomètres et d'autant de minutes musicales dont je ne me rappelle pas la programmation que la faux se met en travers de mon chemin.


Et devant moi, une grosse cylindrée catalane qui décide de mettre un peu de piment dans la vie de ses occupants et faire demi-tour de façon tout à fait improvisée et impropre aux lois de la circulation en vigueur dans notre pays. Mais comme elle le fait en moins de quatre secondes et en laissant un mois de mon salaire en gomme sur la route, personne ne dit rien, la mort s'en va en râlant.

Je monte le son, j'ai besoin de m'étourdir pour ne plus penser que j'aurais très bien pu bénéficier de l'inconscience du chauffard qui avait voulu montrer je ne sais quel talent de maîtrise de son véhicule surpuissant à quiconque.

Les vingt mille mètres qui me séparent de mon premier arrêt ne font pas la place à la fin de ma vie et encore une fois, je n'écoute qu'en mode mono ce que les hauts-parleurs pourtant fidèlement élevés tentent de me faire aimer. Je n'ai qu'une seule idée en tête, sortir de la route pour entrer à la maison. Mais comme je le veux vivante, je n'ai pas d'autre choix que de faire l'accordéon sur la rocade, attendant que les touristes aient achevé leur extase devant l'aspect médiéval des voûtes carcassonnaises.

Chemin faisant, j'arrive, je me gare, remets les documents, me tape la première marche arrière en un temps de tous les temps, repars, et emprunte malgré moi le sens inverse, toutefois moins engorgé qu'à l'aller.

Le temps qu'il fait était en train d'occuper mes pensées quand la dame en noir entame sa danse de la joie devant mes roues, en la matière d'une énorme branche en bois d'arbre qui venait de choir alors que le vent n'en était qu'à son tour de chauffe.


Et alors que je pulvérise la pédale de freins de mes deux pieds et de tout le poids de mon corps ( Je ne suis pas orthodoxe en conduite, alors les examinateurs, museau.), derrière moi, un méchant tout terrain pollueur arrive comme une balle, sans l'intention visible de ne freiner autrement que par le moyen de mon véhicule. Je n'ai pas d'autre choix que de déborder sur la voie inverse, sur laquelle un bus transportant d'écarlates touristes traçait sa route.
Entre nous, à peine la distance de Troicencette. Si j'écoute la musique, je meurs. Alors j'accélère, déboîte et me rabats sans respirer, sans écouter. Je laisse la branche s'agiter furieusement dans l'air déplacé, les touristes manger leurs bobs d'effroi et le tout terrain ronger ses freins ailleurs.

Lorsque je sors de mon apnée, je suis à nouveau libre de rouler à la vitesse réglementaire et sans encombre. Il fait beau tout d'un coup et je sens que j'ai gagné quelque chose de précieux. Mais je n'arrive pas à me rappeler à quelle musique ce bonheur fait référence à cet instant.

Lorsque j'arrive à la hauteur de ce complexe touristique qui déverse sur ma droite un flot plutôt contrôlé de Nordistes, ce n'est pas un bus immense qui prend la priorité en imposant son volume, mais une voiture sans permis. Avec à son bord, une tête violette. Je ne sais pas lequel du véhicule ou de son conducteur a vu la naissance de l'électricité avant l'autre.

Mais une chose est sûre, c'est qu'il n'est pas le seul occupant de la maigre carcasse. Un obscur passager a réussi contorsionner la sienne et à faire en sorte que la toile de jute ne se coince pas dans la portière.


J'ai à peine eu le temps de  comprendre que non seulement elle s'était engagé sur la rocade sans regarder le danger par l'arrière, mais encore avait-elle décidé de faire demi-tour sur une double voie en sens unique.
J'ai à peine eu le temps de ralentir pour lui éviter de faire un demi-tour sur une quatre voies à sens unique. Coups d'avertisseur appuyés que j'en ai failli déclencher l'air bag, appels de phares et geste de la main façon anges de la route. Je me suis rendu compte que son ange, c'était moi et que je combattais le démon à ses côtés.

J'ai monté le son très fort jusque sur le parking du supermarché, où tous les chariots qui tiraient les consommateurs poussifs se retournaient sur mon passage métallisé. Le vague souvenir que le flash d'information rendait un énième hommage à Pascal Sevran mort pour de bon, lui.

J'ai accompli mon devoir de mère et de ménagère attentionnées, rempli mon chariot branlant qui remplira à son tour mes placards, ai gagné un bon de vingt Euros à valoir sur du carburant, me récompensant d'avoir effectué plus de cent cinquante Euros d'achats, retiré soixante dix Euros supplémentaires pour pallier à la panne du terminal de cartes bancaires du bureau de tabac, et ai repris le chemin du retour.

Mais la vengeance est un plat qui se mange froid, comme la mort qui chevauchait un boulet de canon sur deux roues et que je voyais au loin grossir à toute allure et fondre sur moi.


L'engin fou était en train de doubler un camion lent à la sortie d'un virage que j'étais en train d'amorcer. Un instant, j'ai cru voir la faux briller au soleil, au moment où le conducteur tout en cuir et en casque a donné l'ultime et mesuré coup de guidon salvateur. La lame a fauché dans le vide. La moto a filé. Je suis rentrée.

J'ai déballé et rangé mes courses.
J'ai embrassé mes enfants.
J'ai bu un café avec Copilote.

Je n'ai rien dit.

J'ai enfin écouté de la musique sans me dire qu'elle serait peut-être celle de ma mort.
Parce que la musique, c'est un facteur de bonheur, d'espoir et de joie.

C'est la vie, en principe.


Olivier, Benjamin, je sais que vous avez eu la musique que vous vouliez à ce moment-là.
Pascale, heureusement que tu n'en écoutais pas, sur ta moto.
Bénédicte, Dom et les autres, regardez la route au lieu de lire en conduisant.

Dimanche 11 mai 2008
publié dans : Zette And The City par Mélina LOUPIA communauté : Biffures chroniques
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