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Tout comme kalashnikole, d'une j'en étais presque à ne plus me rappeler que j'avais un blog wunderbach, de deux, on rigole bien. Et un rat pelé n'a plus de poils.

Au moins 2 fois j'ai éclaté de rire ce 1er juillet.

- Le SMIC a augmenté.
- "Il fait tellement chaud que les filles ont pas besoin des préliminaires pour mouiller la petite culotte."

Et il est pas encore minuit.

Je peux largement me fendre la gueule à coups de haches.


Mercredi 1 juillet 2009
- Publié dans : Zette & The City - Communauté : Media - Actualité générale
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Dans la vie, celle où on meurt comme on respire, il faut être le premier.
En tout.

Premier né.
Premier levé.
Premier servi.
Premier à l'école.
Premier en sport.
Premier aux examens.
Premier au boulot.
Premier en amour.
Premier à table.
Premier devant la télé.
Premier dans le bain.
Premier couché.
Premier à parler.
Premier à savoir.
Premier à tout savoir.
Premier à dire.

Être à l'origine de quelque chose ou quelqu'un.

Il paraît que ça procure une grande sensation de puissance.
Le pouvoir de détenir le secret, la vie entre ses mains.

C'est une de ces quêtes sans queue ni tête après laquelle les médias courent.
Au premier qui dira que, peu importe si c'est pas vraiment vrai, si c'est pas vraiment bien, si c'est pas vraiment intéressant, du moment qu'à la seconde près, on est le premier à avoir ouvert sa gueule, rien que pour la satisfaction d'avoir eu la primeur, le premier jus et de voir toutes les bouches béer.

C'en est à tel point qu'on associerait presque le diseur au créateur.

Hier, entre autres morts, Farah Fawcett a perdu contre le cancer. Mais peut-être avait-elle devancé l'appel des vautours des médias en les utilisant pour préparer sa sortie, photos, reportages et témoignages à l'appui. On est maître de sa vie, et de sa mort, comme un rempart. " Je vous préviens, je vais mourir."

Pas le temps de déchaîner les rumeurs, de soulever la vase endormie dans le lit de la rivière que tard dans la soirée je suis parmi les millions dans l'ignorance que The king of pop ne cède son trône à personne.
Sa presque mort, son coma, son arrêt puis sa crise cardiaques, son hospitalisation puis enfin l'annonce "officielle" de sa mort touche puis coule celle de la Drôle de dame.
"Moi je meurs mieux que toi, même après toi. Na!"

J'assiste alors à un balai incessant de mises à jours toutes les minutes des sites d'infos, des plus scandaleuses aux plus solennelles, entre les Etats-Unis et chez nous, via Twitter, le futur remplaçant de l'AFP.
Je voulais juste y dire "Bonne nuit", mais j'aurais dû utiliser un hashtag avec #michael jackson devant la formule de politesse qu'on a tendance à largement oublier sur ce genre de réseau, pas le temps, trop de caractère, on est pas chez mémé.
Impossible, la connexion était saturée, on parlait trop de la mort. "J'voulais parler d'ma vie, c'est rare, quand ça m'arrive.", "Oui bé t'es gentille, mais là, on cause de la mort, tu repasseras."

Sauf qu'à trop vouloir être le premier en tout, on est souvent le premier à prendre la merde des autres dans la face.

Ainsi, quelques minutes seulement après que la rumeur de la mort du Jackson Five, Jean-Marc Morandini, l'ami des stars s'empresse de diffuser sa biographie, au cas où la Terre porte encore une entité connectée au Web qui ignore le CV du monument, du roi, du chanteur, du père, de l'amant, du fantôme, du présumé innocent...
Mais par la côté obscur de sa force, avec un déroulé de tous les procès plus ou moins glorieux de sa vie. Une bio de casier judiciaire. "Le freak, c'est chic."

Il est près de 2 heures d'aujourd'hui quand je finis, lassée de ces ultimes sursauts de rumeurs, d'affirmations infirmées, par aller me coucher. "It ain't over till it's over."

Sur France2, Faites entrer l'accusé commence. "Reco et ses frères."
Une fois encore, l'histoire rattrape le présent.
"Métro c'est trop."

Je coupe l'image et le son, m'enroule autour du drap.
La chaleur est pensante, il fait lourd.
Le sommeil est ponctué de phases de semi-lucidité, de nausées et de débuts de cauchemars.
Le journal, la radio, la télé, Internet forment dans ma tête une chimère qui pointe sa serre de vautour sur ma tête.
"Tu vas tout savoir, tu DOIS tout savoir."

Et ce matin, parce que c'est la vie qui veut ça, on voudrait effacer et recommencer.
Sauf que l'encre est indélébile, comme la bêtise.

Alors on tente de contrer la mort, pour être le premier à la terrasser.
On plaisante ici et là.
On transfère sur nos vies.
Et si on avait été des stars, nous aussi?
Quelles auraient été les réactions de nos fans?
Qui nous aurait enterré le premier?

Les gens naissent et meurent chaque jour.
Chacun à sa façon, de gré ou de force.
Un pont, une tour, un train, un avion, une moto, un canon, une bombe, un amour, un échec, la rue, la scène, le plateau.

Mais c'est tout de même la mort qui est la première sur le scoop.
Et peut-être est-il vain de croire qu'on peut la combattre ou la tuer.
Car c'est elle la traînée.


Vendredi 26 juin 2009
- Publié dans : Zette & The City - Communauté : Media - Actualité générale
Ecrire un commentaire - Voir les 14 commentaires - Recommander
Hier matin, alors que je tentais de faire le chat après avoir pris la position de l'étoile de mer, puis celle du camembert dans le lit, enfin, le conjugué vient me porter le café, touillé, au lit.

"Ce soir, je vais rentrer un peu plus tard.
-Oui, bien merci et toi?
-Non c'est parce qu'on fait la mise en place des soldes.
-Gné?"

J'ai pratiqué le saut de haie par-dessus sa tignasse, puis le dos des chats qui croient encore que la première chose que je fais le matin, c'est leur démouler une boite de boulettes au foie de thon, et ai sommé Simone de me dire quel jour on est.

"Mardi 23 juin".

Le temps de prévenir le CDI qu'il devrait trouver une excuse moins en bois pour aller flâner dans son magasin de PC favori après le boulot, la maison était déjà vide de quadra.

J'ai alors envie d'allumer la télé, l'ordi, mais je continue de croire que non, c'est impossible qu'on soit déjà la première semaine de juillet, que j'aie raté la fête de l'école primaire, celle de la Saint Jean et l'augmentation du SMIC.

Puis n'y tenant plus, je me recouche et laisse la radio brailler qu'il faut se ruer vers l'or bradé.

Putain alors c'est vrai, c'est les soldes demain.

Soit hier.

Mercredi 24 juin.
Fin de mois.
Fond de crise.

On frise même plus le ridicule, on vit avec.

C'est ce que je pensais, qu'on avait atteint le fond de la cuve économique.

Ou alors, avec le discours du Roi à sa Cour puis au peuple de lundi, le trou de la sécu et le remaniement à venir, fallait absolument faire consommer et se rendre heureux.

Mais non, même pas.

Le top du summum du ridicule des soldes, je l'ai vu et entendu hier, vers 19h et des copeaux de bois, dans l'émission socio-culturelle de M6, 100% maaaaaaaaaaaaaag.

J'étais couchée, avec une fièvre de Percheron, puisque dehors, il faisait pas assez chaud à mon goût.
Et voilà le marronnier de la semaine, les soldes.
Je m'attends à voir le magnéto classique, de la grille du Darty qui s'ouvre et du peuple en jogging et sac à main en sky qui se vautre sur le lave-linge.
Et je m'interloque.

"Désormais, les commerçants ne savent plus quoi faire pour attirer le chaland, certains payent donc les crèches aux mamans d'enfants en bas âge qui veulent élargir le découvert en toute sérénité. D'autres vont encore plus loin et proposent la livraison d'articles soldés à domicile, pour 20€ de plus."

Le reportage montre alors ce jeune, obséquieux et dynamique vendeur, à la porte d'un appartement D&Co.
Une jeune bourgeoise-bohème l'invite spontanément à pénétrer son salon.

"Comme convenu, je vous livre vos 3 paires de chaussures, que vous allez pouvoir essayer en toute tranquillité.
-Ouais mais c'est super."

Elle essaye, assise sur son canapé, son cadre supérieur d'époux portant sur son ventre le fruit calculé de leur amour raisonné. Un chiard qui ne doit pas avoir plus de 2 mois d'heures de vol.

Elle est ravie, fait 3 fois le tour de sa table de salon et témoigne à visage découvert que franchement, c'est super sympa comme initiative, pour elle, qui vient à peine d'accoucher et qui veut bien faire des concessions maternelles, mais certainement pas celle de faire les soldes. Juste, pas comme tout le monde, tu penses.

Et avant qu'on ne revoit Estelle Denis agiter son bras droit comme Guignol, l'image de la fin du reportage.

La jeune mère plus attentive à la caméra qu'aux 2 hommes de sa vie sort une minuscule paire de chaussures immondes, couleur ventre de taupe en nubuck et à petits lacets, comme papa, du papier de soie que remplit une boite.
Et c'est là que finalement, on apprend que son mari est doué du sens de la parole.
Et il en use.

"Oh, des Weston, comme papa."

J'ai pris 4 doliprane d'un coup.

Jeudi 25 juin 2009
- Publié dans : Zette & The City - Communauté : Media - Actualité générale
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