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Il y a des samedis, comme ça, parfois, dans la vie d'une femme comme moi, qui marquent.

De ces samedis de glandouille absolue où l'on se dit qu'on aurait mieux fait de tenter de réparer le sèche-linge plutôt que d'aller dans l'Internet prendre des cours de blogage.

Au lieu de ça, on s'imagine encore que le bricoleur légitime volera au secours de la ménagère de moins de cinquante ans que je suis encore pour quinze ans et passera des heures à bidouiller ce putain de bouton de sa mémé au moyen tout bête d'une allumette coincée dedans.

Et forcément, on se dit qu'on peut surfer tranquille.

"Papa bricole et maman blogue", c'est ce qu'on pourrait inscrire sur nos épitaphes, quand on aura assez emprunté pour s'offrir à crédit une concession bi-place.

Quoi qu'il en soit, Phillibert Boutembois, je me sentais bien à l'abri devant mon écran et derrière la télé.

J'errais de blog en blog, sans but précis, si ce n'est celui de m'enquérir des dernières nouvelles à la mode.

Lasse de faire du blog parallèle, et surtout en quête de bon mots, voilà que j'échoue inconsciemment dans mon échoppe préférée.

Comme le geôlier soigne actuellement sa fièvre, et présente un naturel peu inquisiteur du visiteur, j'évolue librement entre champ sémantique de l'apéro et étagère de belles ouvrages.

Quand soudain, un article attire mon attention, dans un coin paumé, pas au rayon des promotions, tout en bas de la gondole, juste à côté des invendus prêts à partir pour le pilon.

La petite phrase assassine, de celles qu'on dit aux enfants pour se débarrasser d'eux, sans se douter un seul instant qu'elle peut être à l'origine de névroses d'adultes, telles "Vas voir ailleurs si j'y suis", ou " On en fera pas un avocat, de celui-là!" ou bien encore " Le jour de la distribution de l'intelligence, ses soeurs étaient premières."

En l'occurrence, il s'agissait de réagir ou pas à quelques mots dont quatre ont allumé le flipper de mon cerveau.

"Son horreur de l'homosexualité était telle qu'il répugnait à se laver le sexe lui-même."

Sous le libellé bloguesque d'euphorisme, néologisme propre à notre époque, tentant par tous les moyens de trouver des raccourcis pour suivre le rythme effréné de la vie, je reste coite quelques millièmes de secondes.

Je me renvoie à mon image d'hétérosexuelle étiquetée et me retrouve alors sous la douche ou dans le bain, affairée à donner belle allure et fraîcheur fleurie à mon petit frifri.
Il se trouve qu'il en ressort un sentiment de satisfaction, de goût du travail bien fait et surtout de tâche accomplie.
J'en déduis donc tout de go que j'aime me laver le sexe moi-même.
Par conséquent, mon esprit de contradiction me ramène à déduire que je serais alors homosexuelle?
De facto, dois-je faire mon coming-out?

Voilà la question immédiate que je m'empresse de poser à l'illustre phraseur.

Fiévreuse autant que lui, mais mue par le désir qu'il rassasie mes interrogations existentielles sur mon penchant dont il ne serait pas trop tard pour découvrir la nouvelle direction, je me rends quelques poignées de visites ailleurs par l'itinéraire bis, en quête d'une réponse du maître.

Haletante comme un asthmatique au bord de l'orgasme, je clique sur le seul commentaire juxtaposé au mien.

Mieux que si j'avais rencontré Dieu à Gaza, la réponse à ma question venait d'être écrite de la main-même de l'artiste.

"Vous plancherez deux heures sur ce thème : ramassage des copies à 17 h GMT."

Putain, l'autre, comme il se la raconte.

Un samedi après-midi réservé à la branlette électronique, et voilà qu'à trente-cinq ans, je me fais coller avec une dissert'.

Décidément, Didier Goux, la fièvre...

Mais bon, en parfaite groupie soumise aux volontés de mon maître, je m'exécute.

Et je réponds moi-même à ma question ici, avant que GMT ne me coupe la tête.

Quand on aime se laver le sexe, c'est certainement pour que l'opposé aime à s'y ancrer.
Quand on prétexte l'homophobie pour éviter de le faire, c'est forcément qu'en dehors du fait d'être un parfait enculé, on est qu'un gros dégueulasse.

Mais la dernière copie que j'ai rendue, c'était celle du bac de français, j'avais choisi le commentaire composé, parce que la meilleure note que j'aie eue en dissert à l'entraînement, c'était trois.

Je sens que vous allez raviver des souvenirs brûlants d'adolescente, Didier.




Samedi 10 janvier 2009
- Publié dans : Zette & The City - Communauté : Blabla de fille
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